Election présidentielle au Bénin: une élection sans opposants

Au Bénin, une élection présidentielle sans les principaux opposants.

Alors que les grandes figures de l’opposition sont en retrait, en exil ou en prison, le chef de l’Etat sortant, Patrice Talon, est quasiment assuré d’être reconduit.

Près de 5,5 millions d’électeurs béninois sont appelés aux urnes, dimanche 11 avril, pour élire leur chef d’Etat, alors que le centre et le nord du pays sont paralysés par des manifestants qui dénoncent la confiscation du scrutin par le président sortant, Patrice Talon. Au centre de ces tensions figure la prolongation du mandat de Patrice Talon, après la modification du calendrier électoral en novembre 2019 permettant au chef de l’Etat de rester un mois et demi de plus à son poste avant que le vainqueur de la présidentielle prévue dimanche ne prenne ses fonctions. « Le mandat de Patrice Talon a expiré le 5 avril à minuit alors il doit rendre le pouvoir au peuple dès maintenant, estime Stéphane Todomè, journaliste béninois proche de l’opposition. Celui qui s’octroie quelques jours de pouvoir en plus peut très bien s’accorder deux années et même un mandat supplémentaire. »

Les grandes figures de l’opposition sont en exil ou condamnées à des peines d’inéligibilité. D’autres, comme le professeur d’université Frédéric Joël Aïvo, ont vu leur candidature recalée par la commission électorale car ils ne disposaient pas d’au moins seize parrainages, comme l’exige la Constitution de 2019. Au Bénin, pays autrefois salué pour sa stabilité et sa vigueur démocratique, 154 des 160 élus (maires et députés) appartiennent au camp de Patrice Talon.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *