Coronavirus : des députés appellent à régulariser les sans-papiers
Lancé par le député François-Michel Lambert (Libertés et Territoires), l’appel veut suivre l’exemple du Portugal et enrayer l’épidémie de Covid-19.
« Nous demandons solennellement au gouvernement français de prendre les mêmes mesures que le gouvernement portugais », ont intimé les signataires dans un appel publié le 2 avril, rapporte « Ouest France ». « Une mesure de salubrité publique qui protège tous les habitants », ont-ils appuyé, prenant exemple sur nos voisins portugais. Le gouvernement du premier ministre socialiste António Costa a pris la décision de régulariser temporairement ses sans-papiers afin d’enrayer la propagation du coronavirus. Les sans-papiers en demande de régularisation dont les droits sont expirés sont prolongés jusqu’au 30 juin 2020. L’épidémie « rend encore plus cruciale la prise en compte de ce problème qui n’a que trop duré », ont énoncé les députés français, soulignant une « situation dramatique des sans-papiers et des sans-abri ». Parmi les signataires, le député LFI Loïc Prud’homme, la députée communiste Marie-George Buffet, la députée Sonia Krimi (LREM) ou le premier secrétaire du parti socialiste Olivier Faure.
Une volonté partagé par le député LREM Aurélien Taché. « Face à la crise du Covid-19, faire preuve de solidarité ne doit pas être à géométrie variable », a indiqué le député du Val d’Oise. Il avait déjà souligné la décision du Portugal. « Être solidaire, c’est protéger l’ensemble des personnes de son territoire sans distinction. C’est ce que le Portugal vient de nous prouver. Et nous ? », Avait-il réagi sur Twitter, le 29 mars dernier.
ÉVITER LA PROPAGATION DU COVID-19
« En ces moments si difficiles, il était important de garantir les droits des plus faibles », a défendu le ministre de l’Administration portugais, Eduardo Cabrita. Grâce à leur régularisation provisoire, les sans-papiers peuvent bénéficier de l’allocation destinée aux travailleurs qui doivent rester confinés chez eux pour s’occuper de leur famille. « C’est une mesure exceptionnelle qui transforme immédiatement une préoccupation en une solution », a salué Cyntia de Paula, présidente de la Maison du Brésil, rapporte « Libération ». Les brésiliens constituent les immigrés dont le nombre a le plus augmenté : +43% en 2019, rappelle le quotidien.
« La catastrophe sanitaire que nous subissons nous oblige à agir avec responsabilité et sans délai, comme nos amis portugais l’ont fait », ont conclu les signataires de l’appel à la régularisation des sans-papiers sur le territoire français. Une demande à laquelle le gouvernement n’a pour l’instant pas donné suite.