Le Président IBK a été autorisé à se faire soigner aux Emirats Arabes Unis
Après les manifestations de juillet, durement réprimées par le régime, ses équipes ont fait la tournée des hôpitaux pour recenser les victimes. Parmi eux, un jeune artisan de 16 ans, Adama Tangara, qui ne participait pas aux manifestations, a été pris pour cible. Après trois jours, son père, Mamadou Tangara, l’a vu mourir au CHU Gabriel-Touré. « Moi, je ne suis ni pour ni contre personne », dit-il pourtant. Alors ont débarqué « des gens de Dicko » pour lui proposer d’organiser les funérailles, qui furent célébrées par l’imam lui-même. Dicko a pu faire grossir les rangs de ceux qu’il appelle « nos morts »… comme si l’armée n’avait pas les siens.
Le soir, à l’angle d’un « goudron » (une route bitumée, en bamakois), une rue boueuse et cabossée s’enfonce dans l’obscurité jusqu’à un restaurant. Au comptoir, un officier parle de ces groupes armés « qui marchent sur l’Etat failli ». « Ils ont le temps avec eux », observe-t-il. Est-ce à dire que lorsque Barkhane pliera bagage l’Etat malien ne sera toujours pas souverain sur son territoire ? « Ce serait dommage, avance cet officier, surtout parce que les Maliens préfèrent notre mode de vie à celui que les autres cherchent à leur imposer. » Ont-ils vraiment le choix ? Un autre ancien Premier ministre d’IBK, Boubèye Maïga, nous expliquera que l’objectif de ces groupes islamistes n’est pas tant « la promotion d’un modèle de société que le contrôle des trafics ». Le terroriste reste un outil efficace pour déblayer les routes de toute présence de l’Etat. ça a marché à Kidal et à Gao, ça marche aussi à Bamako. Peu de temps avant le coup d’Etat, le comité d’experts du Conseil de sécurité de l’Onu avait accusé le chef de la Sécurité d’Etat, le général Moussa Diawara, d’être vendu aux narcotrafiquants. L’homme fort du régime aurait fui, direction les Emirats arabes unis, là même où IBK a été autorisé à se faire soigner pour une durée d’un mois renouvelable. Un exil en CDD… ce n’est pas cher payer pour sept années de mauvaise gouvernance.