Quatre ans de prison et 500 000 euros d’amende requis contre Lamine Diack, ex-patron de l’athlétisme mondial

Président de la Fédération internationale d’athlétisme de 1999 à 2015, M. Diack est jugé à Paris pour corruption sur fond de dopage en Russie.

L’un de ses avocats a bien tenté de maintenir Lamine Diack attentif durant toute l’audience, en vain. La tête baissée, le menton touchant son boubou bleu clair et les yeux fermés derrière sa paire de lunettes, l’ancien président de la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF), 87 ans, a dormi pendant une partie des réquisitions des deux procureurs, qui ont tout de même duré quatre heures, mercredi 17 juin. Les magistrats ont requis quatre ans de prison et 500 000 euros d’amende à son encontre pour « corruption », « blanchiment aggravé » et « abus de confiance ».

Au fil d’un long rappel chronologique des faits, les représentants du parquet, Arnaud de Laguiche et François-Xavier Dulin, ont dressé le tableau de quatre années, entre 2011 et 2015, de dérives à l’IAAF. D’abord les multiples cas de dopage dans l’athlétisme russe, au début des années 2010, puis le pacte conclu avec Moscou, fin 2011, afin de retarder les sanctions en échange d’argent, sur fond d’élections sénégalaises. Enfin, les versements d’argent en liquide pour remercier l’ancien patron de l’antidopage, mais aussi les contrats de sponsoring se chiffrant en millions d’euros et accompagnés de commissions plus ou moins occultes.

La peine la plus lourde, cinq ans de prison et 500 000 euros d’amende, a été réclamée contre l’un des prévenus, absent à Paris mais omniprésent dans les débats, le fils de l’ancien président, Papa Massata Diack. L’ex-consultant marketing a été au cœur des contrats de sponsoring, mais aussi, selon les procureurs, de l’extorsion visant notamment une marathonienne russe. « Il ne voit le sport que comme un moyen de s’enrichir, sans limite et parfois sur le dos des athlètes », a considéré M. Dulin, estimant les sommes détournées à une trentaine de millions d’euros.

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