Saint Louis, l’âme de Marie-Galante
Saint-Louis est une petite commune rurale de 2300 âmes, la plus étendue de Marie-Galante. Son passé est riche en évènements, son héritage caraïbe existe bel et bien et elle garde encore les traces de la vie ancestrale (survivance des vieux métiers, le charbon de bois, les petits moulins à canne, les charrettes à bœufs et surtout le caractère traditionnel et l’hospitalité de sa population), c’est pour mieux porter témoignage aux générations futures par les enseignements et les messages que celles-ci véhiculent.
De plus, la diversité et la richesse exceptionnelle de son environnement, sont des atouts importants qui aujourd’hui sont en train d’être mis en avant dans le cadre d’un développement harmonieux de l’île, en complémentarité avec les deux autres communes, Capes terre et Grand-Bourg, ses voisines de toujours. Il y a très longtemps, les grands mouvements tectoniques qui l’ont remuée ont provoqué l’apparition d’un escarpement de faille, la barre de l’île, qui sépare aujourd’hui deux régions : au Nord les bas, au Sud le plateau des Hauts (environ 160 mètres d’altitude). Sur ce plateau, l’érosion a crée des dolines qu’on appelle là-bas « gouffres » et qui jouent un rôle d’entonnoir : au fond de chacune, une canalisation verticale creusée par la pluie permet l’écoulement de l’eau. A la limite des communes de Saint-Louis et de Capes terre, se trouve d’ailleurs la plus grande grotte des petites Antilles, le trou à Diable. Vers l’Ouest, le plateau est bordé d’une plaine littorale. C’est dans cette partie que s’installèrent les premiers Français arrivés le 8 novembre 1648 à l’Anse-Bambou où ils construisirent un fort. Ce premier établissement fut détruit en 1653 par les Caraïbes qui avaient occupé l’île après les Arawaks et maintenaient une présence importante sur les Hauts. Ils devaient y rester jusqu’en 1700, date de leur départ pour la Dominique, sous la pression de la colonisation des Européens.
C’est à l’Anse du Coq (les bas) qu’ils abandonnèrent le premier village Caraïbe en territoire
Guadeloupéen, après un millénaire de présence. Les colons choisirent plus tard un autre emplacement pour s’établir : la Savane, qui allait devenir Grand-Bourg. C’est pourquoi le lieu de la première colonisation fut appelé Vieux Fort. Il n’y eut aucun habitant jusque vers 1660, où repris progressivement le peuplement.
En 1726, devenus assez nombreux, les habitants réclamèrent la création d’une paroisse car l’église de Grand-Bourg était trop loin pour eux. La demande agrée par le roi, consacra la naissance, sous le nom de paroisse Saint-Joseph du Vieux-Fort, de l’entité qui devait devenir beaucoup plus tard la commune de Saint-Louis. Les limites furent fixées ainsi : « elle commencera de la rivière Saint-François (maintenant rivière Saint-Louis), elle finira à la ravine des Pitons y compris le premier étage de la Barre de l’île ». La situation est demeurée pratiquement inchangée, si ce n’est que Pélisson appartenait à Capes-terre et que Saint-Louis s’étendait davantage vers le Haut-Garel.